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Gaston LA TOUCHE, Les Phlox (détail), 1889
© Musée de la Roche-sur-Yon
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Être jeune au temps des impressionnistes (1860-1910)

Musée Eugène Boudin, Honfleur du 25 juin au 3 octobre 2016

Fidèle à sa tradition, le Musée Eugène Boudin de Honfleur ne se contente pas d’une illustration stricte du sujet mais, pour rendre hommage à la diversité des artistes qu’il conserve, contextualise un aspect particulier du portrait, celui de l’enfance et de la jeunesse, à l’époque où fleurissaient l’impressionnisme et ses dérivés. Renonçant à une unique succession de portraits, l’exposition mêle ceux-ci aux scènes de genre où apparaissent principalement des enfants. Ceci présente le double avantage de pouvoir évoquer toutes les étapes de l’enfance dans le cadre intime (naissance ou éducation, par exemple) ou social (baptême et communion, parmi d’autres) et la manière dont les différents courants artistiques s’y sont intéressés et les ont traités. Une attention toute spéciale est bien sûr portée aux oeuvres liées à la Normandie grâce à Eugène Boudin, Félix Cals ou Alexandre Dubourg, qui permettent d’évoquer spécifiquement les travaux et les jeux qui ont lié l’enfance au bord de mer.

L’époque qui s’étend des premiers manifestes picturaux d’Edouard Manet, dans le courant des années 1860, à la remise en cause de la figuration, avant même la première guerre mondiale, voit cohabiter différents courants artistiques. Leur confrontation permet de voir qu’il n’existe pas une lecture uniforme et progressiste de l’art mais comment certains sujets sont traités différemment selon l’esthétique de leurs créateurs et que révolution picturale ne signifie pas révolution sociale. Ainsi, le visiteur peut voir comment les enfants de la bonne société que peint Berthe Morisot sont ignorants de la misère qui pèse sur leurs contemporains représentés par Fernand Pelez. Parallèlement, il peut appréhender combien les variations en blanc de la communiante de Jean-Joseph Weerts peuvent être, à un moment donné, plus novatrices qu’une liseuse peinte par un Pierre-Auguste Renoir soucieux de renouer avec la tradition.

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Gaston LA TOUCHE, Les Phlox, 1889
© Musée de la Roche-sur-Yon

Grâce à la générosité de plusieurs musées au premier rang desquels le musée d’Orsay, le palais des Beaux-Arts de Lille ou la Piscine, Musée d’art et d’histoire André Diligent de Roubaix, grâce à la confiance de plusieurs prêteurs particuliers, plus de soixante artistes – français mais aussi étrangers ayant travaillé en France comme le britannique Lawrence Alma-Tadema ou le belge Alfred Stevens – sont représentés par au moins une oeuvre dans l’exposition, de Jean-François Millet à Pablo Picasso. Tous les courants qui ont côtoyé l’impressionnisme seront présents : académisme, réalisme et naturalisme, symbolisme, post-impressionnisme et jusqu’aux individualités novatrices du début du XXe siècle, Picasso déjà cité, mais aussi Albert Marquet. Chacune des oeuvres exposées bénéficie, dans le catalogue, d’une notice présentant son auteur et la replaçant tout à la fois dans la carrière de celui-ci et dans le contexte artistique et social dans laquelle elle a été conçue. Cela permet de découvrir comment, quels que soient l’artiste et sa conception de ce que doit être la peinture, le portrait d’enfant et d’adolescent le renvoie à sa propre histoire et à une intimité qu’il chérit et dans laquelle le visiteur peut retrouver ses émotions juvéniles.

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Alexandre DUBOURG, Petit garçon au chapeau bleu, Honfleur, musée Eugène Boudin
© Illustria

Commissariat

Anne-Marie Bergeret-Gourbin, conservateur en chef des musées de Honfleur.
Dominique Lobstein, Historien d’art.

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Clémence ROTH, Petite fille tenant une orange, Collection du Musée de Morlaix
© Isabelle Guégan