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Gustave Caillebotte, Les raboteurs de parquet (détail), 1875, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
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Ca bosse dur

Où l’on découvre comment l’inspiration vient à Caillebotte dans son salon.

Le peintre Gustave Caillebotte adore son très chic appartement de la rue de Miromesnil.  Comme l’humidité dégrade son parquet, il décide de le faire raboter pour lui redonner un coup de neuf. Les trois ouvriers chargés de cette mission investissent son salon. Caillebotte, inspiré, décide de les peindre au travail…

C’est la première fois que des ouvriers des villes sont représentés dans un tableau avec tant d’exactitude. Tout est là, on remarque les sacs des ouvriers, les outils et même une bouteille de vin pour se désaltérer. Le peintre cherche-t-il à défendre leur cause ? Pas vraiment, pour Caillebotte il ne s’agit pas d’une dénonciation : le peintre rend seulement compte de ce qu’il a sous les yeux, comme une simple photographie de la scène.

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Gustave Caillebotte, Autoportrait au chevalet, 1879-1880, huile sur toile, collection particulière.
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Cela ne plaît pas à tout le monde ! Lorsque Caillebotte tente de présenter son tableau au Salon, le refus du jury est sans appel. Ses membres sont choqués par le réalisme cru de la toile. Et ce sujet banal, quelle vulgarité !

La critique ne l’épargne pas non plus. L’écrivain réaliste Emile Zola, pourtant ami avec les impressionnistes, est le premier à exprimer de durs reproches. Pour lui, ce réalisme est vain s’il ne porte aucune revendication sociale : « C’est là de la peinture bien anti-artistique, une peinture propre, une glace, bourgeoise à force d’exactitude. » 

Toutes ces critiques ne refroidissent pas Caillebotte, qui expose la toile à l’exposition impressionniste de 1876.  Et aujourd’hui, Les raboteurs de parquet est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du musée d’Orsay !

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Gustave Caillebotte, Les raboteurs de parquet, 1875, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
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Anecdote exclusive rédigée en collaboration avec Artips

“A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n'en avez pas pris une photographie.”

Emile Zola
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Gustave Caillebotte, Portrait de l’artiste, vers 1892, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
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