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Caillebotte, peintre et jardinier

Musée des impressionnismes, Giverny, du 25 mars au 3 juillet 2016

Longtemps considéré comme un peintre amateur fortuné, mécène de ses amis, Gustave Caillebotte apparait aujourd’hui comme l’une des figures
majeures du groupe impressionniste. Célèbre pour ses compositions inspirées du Paris d’Haussmann, il a consacré une part importante de sa production à l’évocation des jardins. L’exposition de Giverny révèle cet aspect de son art au fil d’un parcours dédié aux jardins de Caillebotte, ce qui permettra de mettre en évidence les relations artistiques complexes qui le lient à Monet. Elle présentera quatre sections principales, qui s’articuleront autour de ses lieux de résidence.

Le Paris d’Haussmann, un univers minéral

 À Paris, Caillebotte vit dans le quartier de la gare Saint-Lazare. À l’inverse de ses amis impressionnistes, il ne décrit pas les loisirs parisiens, mais l’activité des ouvriers, peintres ou poseurs de parquet. Car Paris est alors un vaste chantier et l’artiste évoque une cité lisse et grise. Souvent, il l’observe de la fenêtre ou du balcon d’un immeuble neuf. Le vide, l’ennui et le désir d’évasion sont palpables dans ces compositions.

Villégiatures à Yerres (1861–1879)

Dans la propriété familiale d’Yerres, Caillebotte explore les ressources du parc à l’anglaise avec ses allées sinueuses, ses massifs soignés et ses fabriques. Il s’intéresse également au jardin potager qui lui inspire de nombreuses compositions, ainsi qu’au cours de l’Yerres qui est le théâtre des loisirs nautiques, des baignades et du canotage.

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Gustave Caillebotte Les Dahlias, jardin du Petit Gennevilliers, 1893, Huile sur toile, 157 x 114 cm Collection particulière par l’intermédiaire de Brame & Lorenceau
© Paris, Brame & Lorenceau
La Seine et les explorations normandes (1880 – 1888)

La propriété familiale d’Yerres vendue en 1879, l’artiste se rend à plusieurs reprises en Normandie où il voit son ami Monet qui s’installe à Giverny en 1883. Caillebotte peint à cette époque des paysages qui témoignent d’une technique très libre. Il a acquis en 1881 une maison au Petit Gennevilliers, en face d’Argenteuil, et comme Monet avant lui, il décrit les voiliers et les régates sur la Seine.

Le Petit Gennevilliers (1888 – 1894)

Caillebotte s’installe au Petit Gennevilliers, en face d’Argenteuil et crée un jardin qui prend une place prédominante dans son oeuvre. Il fait construire une
serre et élabore divers projets de décoration sur le thème de la végétation et des fleurs. Son décès en 1894, à l’âge de quarante-cinq ans, interrompt le développement de son oeuvre et le retentissement du legs Caillebotte ne tarde pas à effacer la profonde originalité de l’artiste. Comme l’a rappelé Monet « il était plein de talent... il avait autant de dons naturels que de conscience et il n’était encore, quand nous l’avons perdu, qu’au début de sa carrière. »

Commissariat

Marina Ferretti, directeur scientifique, Musée des Impressionnismes Giverny.

Exposition organisée en collaboration avec le Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid.

Tous impressionnistes ?
Il n’est pas simple de répondre à cette question. Nous ne sommes pas tous artistes et les artistes ne sont pas tous impressionnistes. Donc la réponse est non. Par contre, si vous considérez le berceau de l’impressionnisme, partagé entre la Normandie et l’Île de France, et que vous posez cette question aux Normands : alors oui !

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Gustave Caillebotte, Portrait de l'artiste, vers 1889 -Huile sur toile, 40,5 x 32,5 cm -Paris, musée d'Orsay, RF 1971 14
© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay), photo Martine Beck-Coppola
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Gustave Caillebotte, Orchidées, 1893, huile sur toile, 65x54 cm, Collection particulière
© Paris, Comité Caillebotte