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Claude Monet, Camille sur son lit de mort (détail), 1879, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
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Des couleurs pour broyer du noir

Où l’on découvre un peintre qui préfère les couleurs à sa femme

Un gros édredon blanc, un matelas douillet… Voilà cette femme confortablement installée ! Elle semble dormir à poings fermés. Pourtant, les couleurs de son visage sont étranges : le bleu se mêle au jaune et l’ensemble est couvert de gris. Des teintes que l’on n’associerait pas trop à une personne pleine de vie…

En effet, la femme sous nos yeux vient tout juste de rendre son dernier souffle. Camille Monet était le modèle favori de son peintre de mari. Il rend ici un ultime hommage à son épouse adorée, à sa manière, avec ses pinceaux et ses couleurs.

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Claude Monet, Camille sur son lit de mort, 1879, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
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Car, avant d’être un mari aimant, il est artiste. C’est ce qu’il raconte à un ami, dans une lettre : il est naturel pour lui de fixer l’image de Camille pour l’éternité. C’est d’ailleurs une pratique très courante au XIXe siècle : faire le portrait des défunts. Mais le goût de Monet pour les couleurs reprend bien vite le dessus, comme une vraie déformation professionnelle !

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Claude Monet, La Promenade dit aussi La femme à l’ombrelle, 1875, National Gallery of Art, Washington.
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Le peintre ne peut s’empêcher d’étudier les teintes que la mort crée sur le visage de Camille. Cela fait déjà plusieurs années que Monet utilise la couleur pour tenter de reproduire une sensation éphémère. C’est pour lui un « automatisme organique », dont il ne peut se défaire. Impossible de lutter contre ses réflexes de peintre impressionniste !

Toutefois, l’artiste a un peu honte… Il sait bien que s’intéresser davantage aux couleurs qu’aux traits de son épouse n’est pas commun. Alors Monet ne souhaite pas exposer l’œuvre et la garde privée. Comme un souvenir de famille que l’on chérit précieusement.

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Anecdote exclusive rédigée en collaboration avec Artips

« On peut tout quitter sauf ses obsessions »

 

David Foenkinos
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Claude Monet, Autoportrait au béret, 1886, collection particulière.
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Claude Monet, La japonaise (Camille Monet en costume japonais), 1876, huile sur toile, Museum of Fine Arts, Boston.
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