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Illustration : Thérèse Bonté
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Galerie de peintures

Différents par leur personnalité et par le choix de leurs sujets, les impressionnistes ont en commun leur intérêt pour les variations de la lumière et une technique : la juxtaposition des touches* de couleur. C’est l’œil du spectateur qui recompose les objets représentés !
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© C. Lancien - C. Loisel

La Cathédrale de Rouen, le portail et la tour d’Albane, temps gris, huile* sur toile* (Musées de la Ville de Rouen)de Claude Monet


Né à Paris en 1840, Monet passe son enfance et son adolescence au Havre où il éprouve ses premières impressions devant la subtile lumière des paysages normands. Il cherchera toute sa vie à en capter les variations. À 50 ans, il commence à peindre des « séries » : le même motif par tous les temps, à toutes les heures du jour, en toutes saisons. Cette toile* appartient à la série des cathédrales, qui en comporte… vingt-huit !
Sur celle-ci, il n’est pas possible d’identifier le moment de la journée : la façade de la cathédrale de Rouen est noyée dans la brume, rendue au moyen d’un camaïeu* de gris et de bleus au sein duquel se niche la tache orangée du cadran de l’horloge. La distingues-tu ? Observe aussi comment les puissantes lignes verticales, caractéristiques de l’édifice gothique, sont rendues par la seule couleur, plus claire. Et comment l’accumulation des petites touches* fait vibrer la lumière comme autant de gouttes d’eau !

 

 

 

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Nymphéas*, huile* sur toile* (Vernon, musée municipal A.G. Poulain) de Claude Monet

Lorsqu’il peint cette toile*, Monet a près de 70 ans. Il poursuit sans relâche ses recherches sur la lumière et le miroitement de l’eau. Il choisit comme thème d’une nouvelle série l’étang qu’il a aménagé dans son jardin de Giverny, où poussent des nymphéas*.
Petit à petit, il fait disparaître de ses toiles l’entourage de l’étang, dont on ne verra plus que le reflet, pour se concentrer sur l’eau elle-même. Le cadrage* de celle-ci est étonnant : comme s’il zoomait sur l’étang pour faire un gros plan, Monet choisit une forme ronde, qu’on appelle un tondo. Lorsque tu la regardes, ton œil parcourt toute la toile, dans tous les sens, comme aspiré par sa profondeur : l’horizon a disparu. Cette peinture est rythmée par quatre groupes de fleurs répartis autour de la masse bleue centrale : le reflet du ciel.
Observe les nymphéas* : au premier plan, on les reconnaît très bien mais au fur et à mesure qu’on s’en éloigne, les fleurs deviennent de simples taches de peinture blanche. De même, le bleu du ciel s’éclaircit lorsque l’œil va de bas en haut. Ton regard reconstitue le doux mouvement de l’eau sous la lumière du soleil !


 

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© Florian Kleinefenn

L’Avant-port du Havre, matin, soleil, marée montante, huile* sur toile*  (Le Havre, musée d’Art Moderne André Malraux-MuMa) de Camille Pissarro

Né en 1830, Camille Pissarro fut l’un des tout premiers impressionnistes. Il en partage les recherches sur la couleur, le goût pour le miroitement de la lumière sur l’eau et les paysages campagnards mais aussi pour l’intense activité de la ville moderne, comme ici le port du Havre.
Lorsqu’il peint cette toile*, à la fin de sa vie, il est entièrement maître de ses moyens : il réussit à conjuguer la solidité d’une construction très structurée, la délicatesse du ciel et de l’eau du bassin, le mouvement des personnages sur les quais. Si tu devais faire le croquis de ce tableau, tu retiendrais la ligne horizontale qui le partage en deux moitiés, les obliques des bords du bassin, les verticales des mâts, des lampadaires, des cheminées des bateaux et de la colonne d’affichage.
Dans cet espace strictement délimité, à partir d’un point de vue surélevé (ce qu’on appelle un cadrage* en plongée), tout est mouvement : les nuages du ciel, les vaguelettes du bassin, les bateaux et les personnages affairés comme saisis sur le vif, à la manière d’une photographie.

 

 

 

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Plage de Deauville, huile* sur toile*  (Caen, musée des Beaux-Arts) d'Eugène Boudin

Né en 1824 à Honfleur, Boudin est l’un des « pères » de l’impressionnisme et il participe à la première exposition du mouvement*. C’est lui qui persuade le jeune Monet de peindre sur le motif*, à l’air libre. Dès la fin de ses études, il se partage principalement entre Paris et la Normandie.
Fils de marin, amoureux de la mer, il ne cesse de la peindre, avec ses bateaux, ses pêcheurs, ses vacanciers sur les plages et ses grands ciels animés de nuages. Le peintre Corot le surnommait « le roi des ciels » et lui-même, en poète, se définissait comme « le passager des nuages » ! Il est l’un des tout premiers peintres à faire de la lumière et de l’atmosphère le sujet principal de ses tableaux.
Tu vois ici que le ciel occupe les deux tiers de la toile* et l’immense étendue de sable n’accueille que de minuscules personnages.
Il est aussi l’un des tout premiers à travailler vite, cherchant à fixer le moment fugitif*, ce qui donne à ses toiles l’allure d’esquisses* qui séduira tant ses amis impressionnistes. Si tu regardes bien, tu pourras voir les traces des coups de pinceau !

 

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Dico

Cadrage : manière dont on délimite dans ce que l’on voit ce qui sera le sujet de l’image.
Camaïeu : se dit d’une peinture où une même couleur est déclinée dans des tons différents.
Esquisse : première forme d’une œuvre* ordinairement destinée à être reprise et perfectionnée.
Fugitif : qui ne dure pas.
Huile : tableau exécuté à la peinture à l’huile.
Mouvement : groupe d’artistes réunis par un intérêt commun autour de techniques et de sujets particuliers.
Nymphéa : nénuphar blanc.
Œuvre : ce qui est produit par un artiste.
Peindre sur le motif : peindre en plein air, directement d’après nature.
Toile : tableau réalisé par un peintre.
Touche : coup de pinceau très léger.

Réussis ta visite !

Visiter une exposition de peinture, c’est loin d’être ennuyeux ! Observe bien les toiles* et discute avec les personnes qui t’accompagnent.

Celle-ci te plaît ? Essaie de dire pourquoi. Celle-là te plaît moins ? Peut-être que ton interlocuteur te la fera aimer… Échanger rendra ta visite passionnante ! Et si tu dessinais pendant ta visite ?

Sur un cahier de dessin, amuse-toi à reproduire tes œuvres* favorites, à inventer des histoires à partir de ce que tu vois… À toi de jouer !

Le cartel, c’est quoi ?

Le cartel, c’est la petite plaque sur le cadre ou à côté d’un tableau portant une inscription qui identifie l’œuvre* : son titre, le prénom et le nom de l’artiste, l’époque à laquelle l’œuvre a été réalisée, la technique utilisée par l’artiste… Regarde le cartel de chaque toile* que tu aimes pour savoir qui l’a peinte et ce qu’elle représente.