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Six peintres célèbres

De nombreux impressionnistes ont posé leur chevalet* en Normandie. Certains étaient normands, d’autres amoureux de la Normandie. En voici quelques-uns.
Claude Monet (1840-1926)

Signes particuliers : C’est le plus connu des impressionnistes, notamment pour sa série de tableaux représentant la cathédrale de Rouen. Il peint sa façade dans toutes les conditions possibles : en plein soleil, à l’aube, en été, en hiver… Monet travaille alors à un rythme infernal : il peint jusqu’à quatorze toiles* par jour !

Son lien avec la Normandie : Il passe sa jeunesse au Havre, où il rencontre Boudin qui l’emmène peindre sur le motif*. En Normandie, Monet peint régulièrement les falaises de la côte d’Albâtre, les bords de Seine, les plages de Trouville et de Sainte-Adresse. Il s’installe à Giverny, un village de l’Eure, où il peint jusqu’à sa mort : des meules, des champs de coquelicots, des nymphéas*… On visite aujourd’hui sa maison et son jardin, dont les couleurs changent au fil des saisons.

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Pierre Auguste Renoir (1841-1919)

Signes particuliers : C’est l’un des plus célèbres peintres français. On le surnomme « le peintre du bonheur » car ses toiles* lumineuses et colorées montrent souvent l’atmosphère joyeuse et animée des lieux de divertissement des Parisiens ou la beauté de femmes. Contrairement aux autres peintres impressionnistes, il s’intéresse plus aux personnages qu’aux paysages.

Son lien avec la Normandie : Il peint souvent dans la région de Dieppe, où il retrouve tous ses amis impressionnistes, ainsi que leur marchand à tous : Paul Durand-Ruel.

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Edgar Degas (1834-1917)

Signes particuliers : À la différence des autres impressionnistes, il peint rarement en plein air. Degas se distingue aussi par ses modèles favoris : les danseuses et… les chevaux ! Enfin, c’est l’un des rares impressionnistes sculpteurs.

Son lien avec la Normandie : Très jeune, Degas découvre le Haras du Pin et peint ses premières courses de chevaux, à l’hippodrome d’Argentan, dans l’Orne. Les chevaux lancés au trot ou au galop sont l’occasion pour lui de représenter la vitesse. En Normandie, il peint aussi la Côte fleurie, entre Dives et Villers-sur-Mer.

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Camille Pissarro (1830-1903)

Signes particuliers : C’est l’un des premiers impressionnistes et le seul à ne manquer aucune des expositions du groupe. Artiste de génie, Pissarro est aussi généreux que talentueux. Il aide volontiers les jeunes peintres qui lui demandent conseil.

Son lien avec la Normandie : Pissarro peint la campagne normande, les jardins, la Seine, Varengeville, Gisors… Mais il s’intéresse aussi aux décors de la ville. À Rouen, au Havre ou à Dieppe, il peint les ponts, les rues, les places et les boulevards… Comme Monet, il reproduit les mêmes scènes à différents moments, pour fixer les différences de lumière.

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Eugène Boudin (1824-1898)

Signes particuliers : Précurseur* de l’impressionnisme, c’est l’un des premiers artistes français à poser son chevalet* hors de l’atelier* pour peindre des paysages. Monet le considère d’ailleurs comme son maître* ! Boudin est l’un des premiers peintres exposés aux États-Unis par le marchand de tableaux Durand-Ruel.

Son lien avec la Normandie : C’est à Honfleur, où il est né, qu’il réunit tous ses amis peintres à la ferme Saint-Siméon. Sa vie et ses toiles* ont principalement pour cadre l’estuaire de la Seine. Ses sujets préférés : les nuages, les vaches, les gens sur la plage…


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Gustave Caillebotte (1848-1894)

Signes particuliers : C’est un riche collectionneur de peintures. À sa mort, il fait don à l’État de sa collection de toiles* des plus grands impressionnistes afin qu’elles soient exposées au Louvre. Caillebotte est aussi un peintre de talent. Mais ses toiles ne sont pas toujours qualifiées d’impressionnistes car les touches* de couleur sont souvent nettes et précises.

Son lien avec la Normandie : Pendant plusieurs étés, il passe ses vacances en Normandie où il peint les bords de mer de Trouville et de Villers-sur-Mer. Caillebotte séjourne également chez son ami Monet, dans sa maison de Giverny.

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Illustrations : Thérèse Bonté

Dico

Atelier : pièce où travaille un artiste.
Chevalet : support de bois, sur pieds, sur lequel le peintre pose sa toile*.
Loge : dans une salle de spectacle, petit compartiment contenant plusieurs sièges. On s’y réunissait entre amis pour bavarder, même pendant le spectacle !
Maître : artiste réputé et qui sert de modèle aux autres.
Mouvement : groupe d’artistes réunis par un intérêt commun autour de techniques et de sujets particuliers.
Nymphéa : nénuphar blanc.
Peindre sur le motif : peindre en plein air, directement d’après nature.
Précurseur : personne qui lance une idée bien avant les autres.
Toile : tableau réalisé par un peintre.
Touche : coup de pinceau très léger.

« Croque » tes toiles* préférées

Pour garder le souvenir de tes tableaux préférés, fais-en un croquis sur un cahier à dessin. Un croquis, c’est un dessin rapide et simplifié, en général fait au crayon. D’abord, observe bien la toile pour repérer les grandes lignes, les différentes parties et les formes qui la composent. Choisis celles qui sont indispensables à représenter. Puis laisse ton crayon se promener sur la feuille. N’essaie pas de reproduire fidèlement le tableau : dessine rapidement, sans t'attarder sur les détails. N’oublie pas de lever le nez de ton cahier pour vérifier que tes proportions sont bonnes et les éléments bien répartis.

 

Y a-t-il eu des femmes impressionnistes ?


Oui. Berthe Morisot est la plus célèbre. Elle participe à toutes les expositions du groupe des impressionnistes sauf l’année de la naissance de sa fille ! Elle peint des paysages mais aussi de nombreux portraits de femmes issues de la bourgeoisie parisienne, dans leur vie quotidienne (en train de lire, de se coiffer…). Son amie peintre Mary Cassatt, une Américaine, fait aussi partie du mouvement* impressionniste. À Paris, elle consacre une série de toiles* aux spectateurs de l’Opéra. L’atmosphère qui règne dans les loges* la fascine !

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Une drôle de technique

Au 19e siècle, les impressionnistes quittent leur atelier* pour peindre en plein air. Ils veulent avant tout reproduire l’atmosphère d’un lieu, avec les effets de la lumière. Quels sujets choisissent-ils de peindre ? Quelle est leur technique ? Mode d’emploi !
Dehors !

Que peignent les impressionnistes ? Ils représentent souvent les loisirs citadins* : les déjeuners sur l’herbe, les guinguettes*, les promenades au grand air… Ils aiment restituer l’atmosphère des moments heureux et de détente. Certains artistes, comme Monet, aiment particulièrement peindre l’eau, son mouvement avec les reflets de la lumière. Mais ils peignent aussi les jardins, la forêt, les travaux des champs, la vie quotidienne à la campagne… car la lumière joue sur la neige, les fleurs ou les blés.

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Claude Monet, Etretat, La Manneporte, reflets sur l’eau, 1885, huile sur toile (Caen, musée des Beaux-Arts)
Peindre vite

Pour reproduire l’impression visuelle ressentie devant la nature ou une scène de la vie courante, il faut peindre vite car le mouvement du soleil modifie la lumière, ce qui change la couleur des objets. Le peintre pose de petites touches* de couleur les unes à côté des autres. Il utilise souvent des couleurs pures, sans les mélanger. Si tu observes sa toile* de très près, tu distingues toutes ces « taches » de couleur, pas le contour des objets. Mais si tu la regardes de loin, les couleurs se « mélangent »… comme par   magie !

 

 

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Un équipement portable

Au 19e siècle, une invention change la vie des artistes : la peinture en tube. Auparavant, les couleurs étaient préparées à la main à partir d’huile et de poudres colorées. Et elles étaient conservées dans des vessies de porc qui éclataient souvent. Pour peindre en plein air, les tubes sont bien plus pratiques ! Une autre invention vient faciliter le travail des peintres : des petits chevalets* portables, plus légers et moins encombrants que ceux des ateliers*. Monet va encore plus loin : pour peindre la Seine et l’atmosphère animée des régates*, il se fait construire un bateau-atelier

 

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Dico

Atelier : pièce où travaille un artiste.
Chevalet : support de bois, sur pieds, sur lequel le peintre pose sa toile*.
Citadin : de la ville.
Guinguette : café populaire où l’on danse, souvent installé au bord de l’eau.
Régate : course de voiliers.
Toile : tableau réalisé par un peintre.
Touche : coup de pinceau très léger.

En peinture, crée tes couleurs !

En peinture, on distingue les couleurs primaires, secondaires et tertiaires. Les couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le jaune.

En les additionnant selon diverses proportions, on fabrique… toutes les autres !

En mélangeant deux couleurs primaires, tu obtiens une couleur secondaire (par exemple, le jaune et le bleu donnent du vert). Si tu mélanges trois couleurs primaires, tu crées une couleur tertiaire (par exemple, le bleu, le jaune et le rouge donnent du gris). Amuse-toi à inventer des mélanges !

Qu’appelle-t-on la composition d’une toile* ?
C’est la manière d’organiser le tableau : les grandes lignes en définissent la structure, la mise en place des formes et des couleurs.

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Illustrations : Thérèse Bonté
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L’impressionnisme, quelle histoire !

Il y a plus de 150 ans, un groupe de jeunes peintres révolutionne la peinture. Ils quittent leur atelier* pour peindre en plein air des scènes de la vie quotidienne. Leur nom : les impressionnistes. Découvre leur étonnante aventure !
Il faut que ça change !

Nous sommes au milieu du 19e siècle. À cette époque, les artistes peignent en atelier*, et plutôt des sujets historiques ou mythologiques*. Dans leurs tableaux, il y a beaucoup de détails très précis, par exemple dans les plis des vêtements. Un groupe de jeunes peintres critique ce style de peinture traditionnel. Représenter des scènes du passé, ça ne les intéresse pas. Ils veulent peindre ce qu’ils ont sous les yeux !

Ces nouveaux peintres décident de sortir de leur atelier* pour peindre en plein air, à la recherche des effets de la lumière. Leur but : reproduire l’impression visuelle laissée par un paysage ou une scène de la vie quotidienne. C’est une vraie révolution ! La Normandie offre aux artistes une grande variété de paysages à peindre : champs, falaises, plateaux, vallées… Et ces paysages sont sans cesse changeants : la mer tour à tour calme ou déchaînée, les ciels purs ou chargés de nuages dont les couleurs se modifient sous l’effet des vents et de la marée… C’est pour capter ces impressions fugitives* que ces peintres inventent la technique de l’impressionnisme.

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Eugène Boudin, Plage de Deauville, 1863, huile sur toile (Caen, musée des Beaux-Arts)
De l’échec au succès

Malheureusement, le style des impressionnistes n’est pas pris au sérieux. Les gens de l’époque considèrent leurs toiles* comme des tableaux inachevés, des brouillons. Au Salon* de Paris, le jury n’accepte que les œuvres* de style traditionnel. Il pense que ces nouvelles toiles* ne méritent pas d’être montrées au public. Bien décidés à prouver le contraire, les impressionnistes décident d’organiser eux-mêmes leur première exposition, en avril 1874. Mais c’est un échec. Leurs tableaux n’ont aucun succès et très peu sont vendus. Pourtant, le groupe persévère. Jusqu’en 1886, huit expositions verront le jour.

 

Un grand marchand de tableaux, Paul Durand-Ruel, soutient les impressionnistes. Il se lance le défi de vendre leurs toiles*. En 1886, lors de la première exposition qu’il organise aux États-Unis, le pari est gagné ! De riches collectionneurs apprécient ces œuvres* d’un nouveau genre. Enfin, l’impressionnisme rencontre le succès tant attendu. Aujourd’hui, c’est le mouvement* de peinture le plus connu au monde !

 

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Dico

Atelier : pièce où travaille un artiste.

Fugitif : qui ne dure pas.

Mouvement : groupe d’artistes réunis par un intérêt commun autour de techniques et de sujets particuliers.

Mythologique : qui se rapporte aux mythes et légendes.

Œuvre : ce qui est produit par un artiste.

Salon : manifestation qui, autrefois, se tenait à Paris tous les ans ou tous les deux ans. Un jury sélectionnait les toiles* à exposer. Au 19e siècle, un artiste ne pouvait avoir de succès s’il n’avait pas été exposé au Salon.

Toile : tableau réalisé par un peintre.

Devinette

D’où vient le mot              « impressionniste » ?
En 1872, Claude Monet peint une vue du port du Havre, qu’il intitule Impression, soleil levant. Un journaliste s’inspire de ce titre pour se moquer de Monet et de ses amis peintres. Il qualifie leur peinture d’« impressionniste ». Le nom est resté !

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Illustrations : Thérèse Bonté

Scènes de la vie impressionnisteEdouard Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872 Huile sur toile, H. 55 x L. 38 cm © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) Hervé Lewandowski