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Charles Angrand

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France

Natif du Pays de Caux, petit, les yeux bleus d’une grande douceur, les cheveux bouclés, coiffé d’un chapeau gris à larges bords, la démarche alerte, il a le caractère trempé et volontaire des paysans du plateau. De sa rencontre et de ses discussions sur l’impressionnisme avec Lemaître naît, vers 1880, un mouvement qui soulève l’indignation générale à Rouen. Ce chercheur infatigable veut comprendre et traduire la lumière en plein air à l’image de Monet, Degas, Renoir, Pissarro et Sisley. Après sa rencontre avec Seurat en 1884, il éclaircit sa palette et se lance dans la décomposition du ton. En 1889, une exposition réunit Lemaître, Frechon, Delattre et Anquetin aux Beaux-Arts de Rouen. « On s’esclaffait devant leurs toiles qui osaient s’affranchir des formules orthodoxes. Les dames, leur face-à-main collé au visage regardaient cette peinture en poussant des petits gloussements de poules en mal d’oeuf et proclamaient que c’était crevant ». Dépêche de Rouen 1907. Le décès de son ami Seurat en 1890, puis celui de son père l’affectent terriblement. Il arrête la peinture et travaille obstinément le dessin en noir et blanc dans sa retraite de Saint Laurent en Caux. Là, il réalise au crayon, selon Pissarro, « les plus beaux dessins de peintre ». Il aime la synthèse, les volumes. Il arrive à la suppression complète du détail. Dans certains pastels très estompés, sensibles, les sujets se profilent comme des apparitions, d’autres au contraire, vigoureux et puissants, traduisent un idéalisme qui laisse transparaître sa pensée philosophique.