
Céleste Boursier-Mougenot
Céleste Boursier-Mougenot est né à Nice en 1961.
Il vit et travaille à Sète.
À l’origine, il y a le goût de la musique, tout d’abord au conservatoire, puis avec la découverte du punk rock et les expérimentations avec ses amis étudiants en école d’art : une période qui a marqué l’artiste dans sa rigoureuse quête de liberté. Les dix années suivantes,Céleste Boursier-Mougenot est compositeur pour le théâtre, il façonne son regard et son écoute sur le mouvement, le déplacement et le rapport au spectacle et au spectateur. Vient alors le temps des premières installations, où les éléments – l’eau, le vent, les ondes, l’électricité, couplés à des appareillages techniques, constituent les dispositifs sonores dans lesquels le visiteur, par sa simple présence, devient acteur.
Les années new-yorkaises (il est lauréat de l’International Studio Program PS1) ancrent sa pratique dans la réalisation de pièces musicales qu’il considère comme des compositions, avec notamment ses deux œuvres signatures et leurs nombreuses versions (+ de 25 chacune), que sont devenues from here to ear et clinamen. Dans la première, il invite le visiteur à entrer en « territoire oiseaux » dans une volière où des guitares électriques sont transformées en perchoirs pour les diamants mandarins qui la peuplent. Dans la seconde, des bols de porcelaine blanche flottent et se rencontrent sous l’effet d’un léger courant dans desbassins bleutés pour tintinnabuler et plonger le visiteur dans une rêverie qui le transporte momentanément.
L’artiste domestique aussi de farouches larsens audio ou vidéo à l’aide de micros et de caméras vidéo suspendus à des ballons d’hélium qui, sous l’effet du vent, errent dans l’espace d’exposition (scanner 2006,transcom 2010). Il affuble une douzaine d’aspirateurs silencieux de petits harmonicas de blues ( harmonichaos, 2000) et convoque une pluie de noyaux de cerises (averse, 2017) qui, jour après jour, recouvre une batterie en fonction de la fluctuation de micro-ondes détectées. Il conçoit des paysages sonores inédits qui répondent souvent aux principes de l’inversion de la perspective, du malentendu et de toute autre sorte d’aberrations poétiques. Le rapport au monumental de ses installations fluides avec les constructions qui les accueillent figure amplement dans son œuvre quand il est invité à s’emparer de l’entièreté d’un lieu : galeries et centres d’art depuis 1995, Pavillon français de la Biennale de Venise et Palais de Tokyo en 2015, Musée Minsheng Shanghai en 2017, Fondation François Schneider en 2019, Rotonde de la Bourse de Commerce – Pinault Collection en 2025, Park Avenue Armory New York en 2026…
