Focus Pays-Bas : Quatre regards néerlandais au cœur du festival

Faisant écho au voyage de l’impressionnisme, le festival déploie un parcours d’excellence issu de la scène néerlandaise à travers cinq sites emblématiques. Quatre artistes majeurs investissent le territoire pour explorer, chacun à leur manière, les frontières mouvantes entre nature, technologie et artifice.

Ce coup de projecteur exceptionnel bénéficie du précieux soutien de l’Ambassade des Pays-Bas en France, qui valorise la présence de ces talents et le rayonnement de leurs œuvres auprès du grand public. Le festival salue également l’engagement du Mondriaan Fonds, qui soutient les projets de Diana Scherer, Tanja Smeets et Jacques Perconte.

De Zaandam à la Normandie : une histoire de lumière

Si la Normandie a accompagné les dernières années de Monet, les Pays-Bas ont marqué l’un de ses
premiers grands éveils artistiques. En 1871, de retour de Londres vers Paris, le jeune peintre trouva refuge
à Zaandam et à Amsterdam — terres de canaux, de moulins à vent et d’une lumière si pure qu’elle semble
dissoudre l’horizon. Dans ces paysages, Monet découvre une nouvelle manière de percevoir le monde : une
unité profonde entre le ciel et l’eau, entre l’air et la matière, entre la perception et l’émotion. Comme il
l’écrira plus tard :

« Zaandam est particulièrement remarquable, et l’on pourrait y peindre toute une vie. »

Cette révélation née sous la lumière hollandaise réapparaîtra des années plus tard dans les nymphéas et
les jeux de reflets qui animent les bassins de Giverny.

En 2024, Normandie Impressionniste a consacré un important volet à la connexion britannique
(notamment à travers les œuvres de David Hockney et d’Oliver Beer, en partenariat avec le British Council),
faisant écho au passage de Monet à Londres. En 2026, le festival poursuit ce parcours historique et
artistique à travers l’Europe : de Londres à Amsterdam, jusqu’à Paris, suivant la trajectoire de Monet et
mettant en lumière les correspondances artistiques qui traversent les paysages du nord du continent.

Un dialogue entre des territoires

Le dialogue entre la Normandie et les Pays-Bas repose sur des affinités profondes. Ces deux territoires du
nord partagent des paysages façonnés par l’eau, des ciels mouvants et une relation sensible à la nature et
ses éléments. Tous deux nourrissent une culture de la lumière à la fois contemplative, méditative et
profondément humaine. En évoquant ces résonances, Normandie Impressionniste célèbre non seulement
l’héritage de Monet, mais aussi la continuité des artistes qui, aujourd’hui encore, cherchent à réinventer le
lien entre l’humain et la nature.

C’est dans cet esprit que quatre artistes contemporains néerlandais, ou travaillant aux Pays-Bas, ont été
invités à dialoguer avec la vision de Monet et à revisiter le thème du jardin à partir de leurs propres pratiques
et des enjeux contemporains : Studio Drift, Jacques Perconte, Diana Scherer et Tanja Smeets.

À l’image de Monet, créateur visionnaire qui trouva dans les terres étrangères un renouvellement, les Pays-Bas s’affirment aujourd’hui encore comme une formidable terre d’accueil et d’innovation. Un carrefour cosmopolite où se rencontrent art, design et science, et dont la relation singulière au paysage résonne profondément avec l’identité normande.

Découvrez les escales de ce voyage artistique unique.

Diana Scherer — La lumière dans les filets (The Light in the Nets)

Du 29 mai au 30 aout 2026 — Église Saint-Nicolas, Caen

À l’église Saint-Nicolas de Caen, l’œuvre de Diana Scherer (née en Allemagne, vit et travaille à Amsterdam) se dévoile comme un jardin singulier, né d’une collaboration entre l’intention humaine et les forces de la nature. À l’image des jardins de Claude Monet, cette exposition interroge notre relation contemporaine au monde végétal, entre liberté et contrôle, nature et artifice.

Son travail explore une idée originale : faire « tisser » les plantes elles-mêmes. En guidant la croissance des racines, elle crée des motifs proches du textile ou du dessin, transformant le végétal en véritable collaborateur artistique. Inspirée par les techniques ancestrales de tissage, elle les transpose dans un processus naturel et autonome, donnant naissance à des œuvres à la fois visuellement hypnotiques et conceptuellement fortes.

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Diana Scherer, Exercises in Root System Domestication, 2015

Studio DRIFT — Meadow, jardin suspendu

Du 29 mai au 27 septembre – Église Sainte-Croix-des-Pelletiers, Rouen

Quand la haute technologie s’efface devant la poésie pure. Le célèbre studio originaire d’Amsterdam DRIFT investit l’église Sainte-Croix-des-Pelletiers avec Meadow, une installation cinétique monumentale composée de nénuphars robotisés.

Dans un ballet mécanique d’une infinie délicatesse, ces structures technologiques s’ouvrent et se déploient au-dessus des visiteurs, mimant le rythme biologique des fleurs réelles. Un paysage en mouvement perpétuel qui capture l’essence même de l’impressionnisme : l’impermanence de la lumière et l’émotion de l’instant.

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Studio DRIFT, Meadow
Superblue, Miami, 2021
photo by Oriol Tarridas

Jacques Perconte – À fleur de forêt

Du 16 mai au 1er novembre – Musée Michel Ciry

Jacques Perconte (français, basé entre la France et Rotterdam) développe depuis les années 1990 une pratique de transformation numérique de l’image vidéo, jouant sur les altérations de couleur et de forme dans une esthétique proche de l’impressionnisme. Lors d’une résidence à Varengeville-sur-Mer, en Normandie, il imagine un « jardin possible » entre terre et mer. À travers les œuvres Brun, Buis et Bleu, il compose des paysages poétiques où nature et technologie recomposent plantes, mer et lumière.

Ce travail est présenté sous forme d’estampes et de vidéos au musée Michel Ciry, offrant une immersion dans des paysages végétaux imaginaires.


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Jacques Perconte, À fleur de forêt
Musée Michel Ciry, 2026

Tanja Smeets — Les jardins en dialogue : Art contemporain à Lyons-la-Forêt

Du 13 juin au 27 septembre Forêt de Lyons-la-Forêt

Dans ses installations de grande ampleur, Tanja Smeets explore les processus de croissance organique et
de transformation, créant des formations sculpturales qui semblent se déployer et respirer au sein des
espaces architecturaux. Construites à partir de matériaux du quotidien (plastique, textiles et résidus
industriels) ses œuvres brouillent la frontière entre le naturel et le synthétique

À la manière d’organismes vivants, les sculptures de Smeets paraissent suspendues dans un état de
métamorphose : elles bourgeonnent, s’écoulent et s’étendent. Cette ambiguïté poétique interroge la
surconsommation, la valeur des matériaux et la fragilité de notre relation à l’environnement.

Présentée dans le cadre du parcours d’art contemporain de Lyons-la-Forêt, l’un des sites naturels les plus remarquables de Normandie, l’installation de Tanja Smeets instaure un dialogue entre paysage,
architecture et traces de l’intervention humaine : une rencontre éphémère entre art et écologie.

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Tanja Smeets, Unbridled Wall
Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen-L’Aumône, France, 2024
Photo by Catherine Brossais

Jacques Perconte – À fleur de mer

Du 1er juillet au 31 aout à la Gare de Rouen-Rive-Droite

Imaginé lors de sa résidence à Varengeville-sur-Mer, en Normandie, Jacaques Perconte installe une projection immersive monumentale à la gare de Rouen. Celle-ci plonge les voyageurs dans un paysage numérique de lumière et de mouvements scintillants, mêlant fleurs et mer, en écho au littoral et aux terres normandes.

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Jacques Perconte, À fleur de mer
Gare de Rouen, 2026